Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 22:07

 

Une citation suffisante qui résume tout.

 

Une citation qui devrait devenir un principe constitutionnel impératif.

 

Une citation qui tient sa force de son auteur.

 

Une citation d'Elisabeth Badinter.

 

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/prostitution-il-y-aura-toujours-des-clients_981603.html

 

Par GRAL
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 16:38

 

 

Les périodes de crise économique, aussi grave soit-elle, ne doivent être ni un prétexte pour perdre collectivement la raison ni l’occasion de se rassembler autour de valeurs morales fédératrices, quand lesdites valeurs sont dépassées et n’ont aucun sens.

 

Bien au contraire, la crise économique s’explique par une faillite partielle de notre système, y compris de notre système de valeurs – et la place du sexe dans le caniveau de l’échelle des valeurs est une grave aberration aux conséquences potentiellement dangereuses pour notre avenir.

 

Le dénigrement systématique du sexe tel qu’il est pratiqué aujourd’hui a une conséquence grave : le dénigrement de celles et ceux qui le pratiquent en dehors de l’unique cadre socialement accepté : le couple.

 

Or, comme une grande partie de la population pratique le sexe en dehors du couple, puisque cela correspond à des réels besoins biologiques liés à la constitution du corps humain, une forme sournoise de communication entre individus s’est développée : l’hypocrisie. Cette pratique consiste à communiquer sur la promotion de la valeur sociale, et, dans la pratique, à s’en affranchir complètement.

 

La crise qui crée une nervosité tend à ce que la population se resserre autour de ses valeurs, donc qu’elle condamne encore plus le sexe, et en conséquence qu’elle exacerbe… l’hypocrisie ! Car ceux qui condamnent par la parole restent des êtres humains non génétiquement modifiés, et continuent à avoir des désirs et à les assouvir.

 

Un summum dans l’erreur de jugement illustre aujourd’hui ce non sens moral absolu : l’affaire dit du Carlton de Lille.

 

Pour simplifier, ce dossier signifie que des jeunes femmes majeures et consentantes ont touché des sommes d’argent conséquentes pour avoir des relations sexuelles avec quelques messieurs.

 

Ce dossier a un rapport avec notre justice pénale, puisque le fait d’aider de telles jeunes femmes à avoir cette activité, dit de prostitution, est qualifié de proxénétisme, pénalement condamné.

 

Pourquoi le droit condamne-t-il le proxénète et pas la prostituée ?

 

Parce que la prostituée n’a que deux options : soit elle tient absolument à exercer l’activité de prostitution, et dès lors, elle doit avoir toutes les compétences pour se faire, y compris en matière « promotionnelle » et de contact (ce qui, avec l’interdiction du racolage, commence déjà à illustrer l’hypocrisie liée au sexe). Soit elle n’a pas envie d’être prostituée. Dans ce dernier cas, si elle se retrouve « sur le trottoir » [plus justement aujourd’hui, sur des sites d’escort sur le web], c’est obligatoirement parce qu’on l’a forcée. Et celui qui l’a aidée est évidemment celui qui l’a forcée : l’odieux proxénète qui doit donc être sévèrement condamné.

 

Quid pour les filles plutôt jolies ayant envie de gagner des sommes folles en quelques heures et qui pour cela ont l’entrejambe mais pas l’entregent ?

 

Le chômage et la renonciation. Ou trouver les gogos qui les aideront et iront en prison s’ils se font avoir.

 

Le proxénétisme est-il donc une infraction stupide ? Oui, tel qu’il est défini par le code pénal aujourd’hui. Non, s’il a exclusivement pour but d’empêcher l’esclavagisme sexuel, c’est-à-dire, de condamner ceux qui forcent quiconque, notamment des jeunes filles, à la prostitution. Ce dernier cas est absolument odieux et doit faire l’objet de sanctions à la sévérité exemplaire. Mais il ne doit pas justifier une application de la loi à des cas qui n’ont aucun rapport avec cette nécessaire protection des individus.

 

Dans l’affaire du Carlton, prenons l’hypothèse que les prostituées étaient volontaires (les médias n’ont à notre connaissance pas fait état d’esclavagisme sexuel).

 

Où est le délire aujourd’hui ?

 

Tout d’abord, nos services de police et de justice consacrent un temps inestimable à investiguer ce « réseau de proxénétisme » qui ressemble à l’organisation de soirées où toutes les participantes semblent parfaitement d’accord pour s’enrichir en peu de temps et n’attachent pas à l’acte sexuel la scandaleuse valeur morale que la société voudrait lui conférer.

 

Il existe des crimes et des délits tellement plus graves en France. Et même ce fameux sentiment d’insécurité tant ressenti par les français ? Ne vaudrait-il pas mieux aller arrêter un ou deux voleurs à la tire plutôt que d’enquêter sur des adultes dont les parties fines relèvent de la liberté de mœurs de chacun ?

 

Ensuite, on met en examen et en prison des policiers dont la compétence professionnelle est reconnue et louée. A priori, on ne dit pas que ces personnes ont touché l’argent de la drogue (qui est celui de l’empoisonnement et de la mort). Sont-elles uniquement les intermédiaires que l’on décrit ? Si oui, la société préfère-t-elle avoir des individus de talent en prison plutôt que dans les commissariats, pour traquer les vrais bandits ? C’est déjà le syndrome « Strauss-Kahn » de l’affaire du Sofitel : une affaire ayant sa source dans le sexe prive la France de son futur président de la République et le monde des décisions qu’il aurait pu prendre dans l’exercice de ses fonctions.

 

Car enfin, on y revient, apparaît encore le nom de Dominique Strauss-Kahn dans cette affaire, comme « client » potentiel des prostituées cette fois-ci. En France, un client de prostitués ne commet pas aucune infraction pénale. C’est ainsi que DSK serait entendu comme témoin dans l’affaire du Carlton. Mais les récents articles qui tendent à montrer que l’entourage de DSK le lâche invitent au dégoût et au mépris. Car ce n’est plus la faute pénale que l’on juge (puisqu’elle n’existe pas ici – à l’inverse du dossier du Sofitel, où le viol, s’il avait été prouvé, aurait constitué un crime grave justifiant l’opprobre), mais la faute morale. Et des témoignages des ex-amis de M. Strauss-Kahn, se dégage cette nauséabonde impression qu’avoir une relation sexuelle avec une prostituée, c’est pire que d’avoir commis un viol.

 

Ce jugement moral est abominable car il n’est que le relent d’une vision complètement erronée de la sexualité. Et même très misogyne : le comportement de DSK à New York relevait presque du panache : une séduction-éclair de Nafissatou Diallo digne des plus grands Casanova. Mais lorsqu’il s’agit de payer, alors c’est la honte qui s’abat sur le client, le miséreux, l’incapable, le pervers. Alors même que cet usage de la prostitution pouvait permettre à DSK un meilleur contrôle social de ses désirs (à ce propos, il sera intéressant de savoir ce qui s’est vraiment passé la veille de l’épisode du Sofitel à New York pour déterminer si les besoins de DSK sont vraiment significatifs ou si une prostituée a manqué d’efficacité dans sa prestation…).

 

Le GRAL lance un appel vibrant aux médias et au peuple français pour plus de lucidité. Pour plus de tolérance sur toutes les formes de pratiques sexuelles consenties. Pour l’abolition de l’insupportable hypocrisie qui condamne des individus du seul fait que ce sont des êtres humains et qui vivent comme tel. Pour exiger que les forces de police et de justice de notre pays se focalisent sur les vrais problèmes de criminalité et de délinquance. Pour soigner leur aveuglement et guérir de leur fièvre délirante qui affecte leur bon sens et les détourne des vrais enjeux.

 

 

Par GRAL
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 13:15

Sur le plus important sujet relatif à la sexualité de la dernière décennie, « l’affaire DSK », le GRAL s’est abstenu de tout commentaire dans l’attente d’avoir la version de l’ensemble des protagonistes – et ne manquait que celle du principal intéressé : Dominique Strauss-Kahn lui-même.

 

Sa version, nous l’avons donc eue dimanche 18 septembre au journal télévisé de TF1, suivi par plus de treize millions de téléspectateurs.

 

Le premier argument, juridique, de DSK, est correct : une décision de justice a bien eu lieu à New York, sur la base du rapport du Procureur de la République qui a purement et simplement abandonné les charges. DSK est donc pénalement innocent – et c’est une insulte au système judiciaire américain que de prétendre qu’il n’y a pas eu de jugement et en conséquence que le doute est permis.

 

DSK vient donc au journal de TF1 avec une information factuelle décisive et deux conclusions. L’information factuelle est la reconnaissance d’une « relation » et même si le mot n’est pudiquement pas prononcé, on devine qu’il s’agit bien d’une relation sexuelle.

 

Les deux conséquences sont les suivantes : DSK qualifie cette relation de « faute morale », et plus généralement, il indique qu’il a désormais perdu « toute légèreté ».

 

DSK aurait-il pu dire autre chose ?

 

Non. Son message était celui attendu par tous les français. Le seul qui leur était audible dans ce qu’ils auront vécu comme un traumatisme.

 

Et pourtant.

 

Si l’on prend pour hypothèse l’absence de faute pénale, soit l’hypothèse de DSK, validée par la justice américaine, alors, potentiellement, le discours aurait pu être différent.

 

Peut-être y avait-il vraiment une faute morale. Une défaillance à un serment de fidélité sexuelle fait à son épouse. En pareil cas, cette faute morale très privée méritait-elle d’être publiquement communiquée comme un mea culpa général, une faute qui atteindrait la moralité universelle ?

 

Car, toujours en conservant l’hypothèse de l’absence de faute pénale, quelle est cette faute morale ? Une relation sexuelle consentie entre un homme et une femme.

 

En quoi une relation sexuelle consentie peut-elle constituer une faute morale universelle ?

 

Et en ce qui concerne la relation entre DSK et Anne Sinclair, peut-être y-t-il bien eu une faute morale, mais peut-être aussi n’y en a-t-il pas eu. On peut supposer qu’Anne Sinclair était parfaitement informée de la nature volage de son époux. Il est très probable que des discussions aient alors eu lieu entre ces deux personnes fort intelligentes et qu’elles aient défini leurs règles de vie communes comme des adultes. DSK et Anne Sinclair avaient peut-être l’un et l’autre le droit de ne pas considérer le mariage comme le sanctuaire de leur plaisir sexuel. Ils s’étaient peut-être accordés l’un avec l’autre pour s’autoriser des simples relations de plaisir en dehors de leur couple.

 

Mais cette possibilité était inavouable devant le prude peuple de France – ou surtout ses médias qui auraient disserté à n’en plus finir si DSK avait osé « lâché une telle bombe ».

 

Et c’est là qu’est la faute morale inadmissible.

 

C’est celle qui condamne d’avance la relation sexuelle consentie, sous prétexte que dans un couple, on ne peut moralement avoir que des relations sexuelles avec son partenaire.

 

Quelle que soit sa réalité conjugale, DSK n’aurait rien pu dire d’autre que de reconnaître une faute morale absolument pas évidente, et de s’auto-condamner lui-même en organisant sa castration : « cette légèreté, je l’ai perdue ». Cette condamnation péremptoire de la relation sexuelle consentie est inadmissible.

 

Et qu’une telle relation sexuelle consentie soit la cause d’un retrait, même partiel, de la vie politique, que la France y perde potentiellement l’un de ses meilleurs candidats à la Présidence de la République, et donc, toujours potentiellement, qu’elle y perde son futur Président de la République, et l’on s’aperçoit, de façon flagrante, et certainement pour la première fois dans l’histoire des démocraties occidentales, à quel point le déni du plaisir sexuel, pourtant si légitime et naturel, peut avoir des conséquences dramatiques extraordinaires pour un peuple, peut-être pour le monde entier.

 

Par GRAL
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 12:11

 

Le GRAL n'aura pas de mots assez durs contre la proposition incongrue, déplacée et d'une stupidité à toute épreuve, relative à la pénalisation des clients de prostitués et émise le 30 mars 2011 par la prétendue Ministre de la Solidarité et de la Cohésion Sociale, Roselyne Bachelot.

 

La prostitution ne doit plus être vue comme "un mal nécessaire" - ce n'est pas un mal, c'est un soutien, une délivrance pour les clients miséreux. Ce sont les prostituées qui doivent être soutenues, et dont le cadre législatif doit leur offir un environnement idéal pour l'exercice de cette profession qui doit être normalisée. 

 

Le GRAL s'est déjà exprimé sur ce point à de nombreuses reprises :

 

http://gral.over-blog.com/article-prostitution-bulletin-de-notes-aux-decideurs-de-la-politique-sexuelle-fran-aise-64498534.html

 

"Son analyse de base consiste à penser que la prostitution est une violence ultime faite aux femmes. Elle utilise ainsi un procédé rhétorique abject : le travail, de façon générale, peut être violent, voire très violent dans certaines professions. Ce n’est pas la violence dans le travail que Danielle Bousquet [et maintenant Roselyne Bachelot] condamne en fait, c’est l’utilisation par la femme de son sexe dans le cadre de son travail. Son raisonnement est donc purement idéologique, et basé sur des préceptes archaïques, hérités d’une morale religieuse dépassée, établie à une époque où les impératifs économiques d’organisation de la succession des terres avaient le champ libre face aux connaissances scientifiques inexistantes."

 

Du caractère normal de la prositution

 

http://gral.over-blog.com/article-du-caractere-normal-de-la-prostitution-50364135.html

 

Cet article reprend les positions d'Arthur Vernon.

 

"Sur ce sujet récurrent, notre gourou Arthur Vernon s’exprime dans son évangile :

 

« Evidemment, la nature de la relation sexuelle diffère selon son caractère vénal ou non. Nulle question ici [lors de la prostitution] de faire en sorte que la partenaire éprouve le moindre plaisir. La satisfaction de l’ego est antinomique avec la nature de la prestation elle-même. Son objectif s’arrête à la recherche du plaisir. La prestation sexuelle est donc un labeur, qui, comme tous les labeurs, est apprécié différemment par celle ou celui qui le pratique. Cette prestation a l’avantage d’être largement rémunérée. Les quelques douleurs qui peuvent survenir lors de la réalisation de la prestation sont inhérentes à sa nature, la prestation ayant un aspect physique dominant.

 

La nature de la prestation elle-même avait entraîné de vifs débats sociaux, à la fois très hypocrites mais aussi en phase avec la pensée dominante et dramatiquement erronée que l’amour est unique et que le sentiment ne se vend pas, comme le corps qui reproduit un acte décrété exclusif à ce sentiment.

 

Et pourtant la prestation sexuelle est une prestation corporelle comme il en existe tant d’autres : l’ouvrier qui vend ses muscles, le kinésithérapeute qui manipule ses patients, le coiffeur qui masse le cuir chevelu, mais également, si l’on considère que le cerveau fait aussi partie du corps, tous ceux qui exercent des professions consistant à fournir des prestations intellectuelles. Quoi de bien différent entre ouvrir son cerveau et ses jambes ? Et, à bien y réfléchir, quelle prestation est la plus indécente ? N’importe quel être humain est physiquement bâti de façon similaire. Ses particularités profondes, intimes et personnelles proviennent donc des interactions de son cerveau. Si c’est l’intime que la société souhaite protéger du pouvoir mercantile pour une raison saugrenue, ne seraient-ce pas les prestations intellectuelles qu’il faudrait interdire ou protéger ? Ne trouve t-on pas dans ces prestations ce qui fait la spécificité de chaque être humain ? »

 

(in « Comment je me suis tapé Paris ou l’Origine de la misère »)"

 

 

 

Roselyne Bachelot ose affirmer : "la prostitution n'est jamais volontaire."

 

Outre que cette affirmation est évidemment fausse, quand bien même elle serait vraie, elle ne devrait pas être synonyme de démission pour Roselyne Bachelot dans l'exercice de ses fonctions de Ministre de la Solidarité et de la Cohésion Sociale. Certes aujourd'hui, la prostitution reste très mal perçue, une "pute" est une injure. Mais cette perception sociale d'origine culturelle et morale est complètement dépassée aujourd'hui. C'est bien aux pouvoirs publics de changer cette perception et de contribuer à l'évolution des mentalités.

 

Et c'est bien à Roselyne Bachelot de promouvoir la prostitution, à elle de faire en sorte que de nombreuses femmes (ou d'hommes) décident d'exercer non pas "le plus vieux" mais "le plus beau" métier du monde, celui d'avoir le privilège d'offrir le bien le plus précieux offert à l'humanité : le plaisir.





 

 

 

 

 

Par GRAL
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 10:46

 

Par moment, des philosophes sont touchés par la grâce - la lumière ne les aveugle plus, ils sont capables de faire leur métier : transmettre ce qu'ils ont vu, partager leur analyse.

 

C'est ce qui vient d'arriver à l'octogénaire Michel Serres, dans un article publié par Le Monde :

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/05/eduquer-au-xxie-siecle_1488298_3232.html

 

Sous prétexte de parler d'éducation, Michel Serres dresse d'abord le constat que les écoliers ont changé - radicalement.

 

Et à travers eux, c'est bien le changement de la civilisation que Michel Serres expose :

 

"Ce nouvel écolier, cette jeune étudiante n'a jamais vu veau, vache, cochon ni couvée. En 1900, la majorité des humains, sur la planète, travaillaient au labour et à la pâture ; en 2011, la France, comme les pays analogues, ne compte plus qu'un pour cent de paysans. Sans doute faut-il voir là une des plus fortes ruptures de l'histoire, depuis le néolithique. Jadis référée aux pratiques géorgiques, la culture, soudain, changea. Celle ou celui que je vous présente ne vit plus en compagnie des vivants, n'habite plus la même Terre, n'a plus le même rapport au monde. Elle ou il n'admire qu'une nature arcadienne, celle du loisir ou du tourisme.

- Il habite la ville. [...]

- Son espérance de vie va vers quatre-vingts ans. Le jour de leur mariage, ses arrière-grands-parents s'étaient juré fidélité pour une décennie à peine. Qu'il et elle envisagent de vivre ensemble, vont-ils jurer de même pour soixante-cinq ans ? Leurs parents héritèrent vers la trentaine, ils attendront la vieillesse pour recevoir ce legs. Ils ne connaissent plus les mêmes âges, ni le même mariage ni la même transmission de biens. Partant pour la guerre, fleur au fusil, leurs parents offraient à la patrie une espérance de vie brève ; y courront-ils, de même, avec, devant eux, la promesse de six décennies ?

- Depuis soixante ans, intervalle unique dans notre histoire, il et elle n'ont jamais connu de guerre, ni bientôt leurs dirigeants ni leurs enseignants. Bénéficiant d ‘une médecine enfin efficace et, en pharmacie, d'antalgiques et d'anesthésiques, ils ont moins souffert, statistiquement parlant, que leurs prédécesseurs. Ont-ils eu faim ? Or, religieuse ou laïque, toute morale se résumait en des exercices destinés à supporter une douleur inévitable et quotidienne : maladies, famine, cruauté du monde. Ils n'ont plus le même corps ni la même conduite ; aucun adulte ne sut leur inspirer une morale adaptée."

 

Note : Michel Serres se garde bien de définir la "morale adaptée" - ceci est un autre débat dans lequel le GRAL est très impliqué.

 

"- Alors que leurs parents furent conçus à l'aveuglette, leur naissance est programmée. [...]

- Alors que leurs prédécesseurs se réunissaient dans des classes ou des amphis homogènes culturellement, ils étudient au sein d'un collectif où se côtoyent désormais plusieurs religions, langues, provenances et mœurs. Pour eux et leurs enseignants, le multiculturalisme est de règle. [...] Quelle littérature, quelle histoire comprendront-ils, heureux, sans avoir vécu la rusticité, les bêtes domestiques, la moisson d'été, dix conflits, cimetières, blessés, affamés, patrie, drapeau sanglant, monuments aux morts, sans avoir expérimenté dans la souffrance, l'urgence vitale d'une morale ?"

 

Note : ce point est fondamental : la morale sociale a été bâtie en fonction des événements externes. Si ces derniers changent, la morale doit s'adapter.

 

"[...]

L'INDIVIDU

Mieux encore, les voilà devenus tous deux des individus. Inventé par saint Paul, au début de notre ère, l'individu vient de naître ces jours-ci. De jadis jusqu'à naguère, nous vivions d'appartenances : français, catholiques, juifs, protestants, athées, gascons ou picards, femmes ou mâles, indigents ou fortunés… nous appartenions à des régions, des religions, des cultures, rurales ou urbaines, des équipes, des communes, un sexe, un patois, la Patrie. Par voyages, images, Toile et guerres abominables, ces collectifs ont à peu près tous explosé.

Ceux qui restent s'effilochent. L'individu ne sait plus vivre en couple, il divorce ; ne sait plus se tenir en classe, il bouge et bavarde ; ne prie plus en paroisse ; l'été dernier, nos footballeurs n'ont pas su faire équipe ; nos politiques savent-ils encore construire un parti plausible ou un gouvernement stable ? On dit partout mortes les idéologies ; ce sont les appartenances qu'elles recrutaient qui s'évanouissent.

Cet nouveau-né individu, voilà plutôt une bonne nouvelle. A balancer les inconvénients de ce que l'on appelle égoïsme par rapport aux crimes commis par et pour la libido d'appartenance – des centaines de millions de morts –, j'aime d'amour ces jeunes gens.

Cela dit, reste à inventer de nouveaux liens. [...] Nous, adultes, n'avons inventé aucun lien social nouveau. [...].

Rarissimes dans l'histoire, ces transformations, que j'appelle hominescentes, créent, au milieu de notre temps et de nos groupes, une crevasse si large et si évidente que peu de regards l'ont mesurée à sa taille, comparable à celles visibles au néolithique, à l'aurore de la science grecque, au début de l'ère chrétienne, à la fin du Moyen Age et à la Renaissance.

Sur la lèvre aval de cette faille, voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l'enseignement, au sein de cadres datant d'un âge qu'ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classes, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires, savoirs même… cadres datant, dis-je, d'un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu'ils ne sont plus."

 

Le GRAL invite le lecteur à lire l'article dans son intégralité, les passages cités ci-dessus étant les plus significatifs par rapport au propos sur la modification nécessaire des normes, qui comprennent celles relatives aux comportements sexuels.

 

 

Par GRAL
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 13:18

 

 

Le GRAL s'est toujours appuyé sur les recherches scientifiques aux fins de faire progresser les mentalités, au détriment du dogmatisme, et dans le but de développer le bonheur de l'humanité.

 

Lorsque ce même travail est effectué avec rigueur, précision, clarté et intelligence, il est alors de notre devoir de le mentionner et de le saluer.

 

Tel est ainsi le cas de l'exceptionnel article de Peggy Sastre sur le site Slate.fr :

 

http://www.slate.fr/story/34529/feminisme-evolution-reactions

 

 

 

 

Par GRAL
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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 11:37

 

Le débat sur l'assistance sexuelle commence à prendre forme :

 

http://actu.orange.fr/culture/sexe-amour-et-handicap-un-plaidoyer-fort-pour-un-peu-d-humanite-_103079.html

 

Si le GRAL pose son soutien de principe à une telle démarche (qui serait un premier pas vers une forme de libéralisation de la morale sexuelle), il s'interroge toutefois sur la pertinence de stigmatiser les handicapés, qui n'ont pas l'apanage de la misère sexuelle.

 

Et suggère ainsi que la misère sexuelle soit traitée plus globalement.

 

Dans un premier temps, la législation française, tellement en retard sur ses voisines européennes, devraient légaliser les caresses à caractère sexuel, sans distinction de handicap, pour tous.

 

Cette démarche constituerait déjà un premier soulagement pour les victimes de misère sexuelle, en espérant qu'elle soit accompagnée de toute la communication nécessaire pour faire admettre et comprendre sa réalité, ses sources et ses modalités de rémission.

 

Par GRAL
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Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 18:43

 

 

17/20 : Jean-François Chossy : très bon élève, continuez !

 

Le député, président du groupe d’étude « Intégration des personnes fragilisées et handicapées », a lancé l’idée de l’assistance sexuelle pour les personnes handicapées. Même si cette pratique existe déjà dans d’autres pays d'Europe, elle constituerait une révolution idéologique en France. Elle serait enfin le premier signe de l’une des plus évidentes représentations de la misère sexuelle, celle qui est la plus facilement concevable par la population : la misère sexuelle des handicapés, dont « on » se dit que le handicap constitue un frein à la séduction. Certes, ne bénéficieraient de cette assistance que les personnes handicapées, alors que la population assujettie à la misère sexuelle est infiniment plus importante. Mais si cette proposition de loi était adoptée, elle constituerait bien une avancée sociologique majeure, et le GRAL accorde donc son plus entier soutien au député Jean-François Chossy.

  

http://www.lejdd.fr/Societe/Sante/Actualite/Assistants-sexuels-Le-depute-a-l-origine-de-la-proposition-de-loi-y-croit-encore-Interview-252477/ 

 

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 15/20 : Chantal Brunel : de bonnes idées ; poursuivre ses efforts

 

La députée Chantal Brunel avait émis l’idée d’ouvrir des maisons de plaisir. Voir à ce sujet l’article du GRAL :

  

http://gral.over-blog.com/article-reouverture-des-maisons-closes-48622691.html

 

Ces efforts doivent cependant être poursuivis, car Madame Brunel indique avoir aussi participé à un groupe de travail (parlementaire et/ou mis en place par le Ministère de l’Intérieur) en charge de la prostitution, et ce groupe mérite la plus mauvaise note de notre classement (voir ci-dessous). Au pire, Madame Brunel a donc changé d’avis, et ses prochaines notes s’en feront cruellement ressentir ; au mieux, elle n’a pas réussi à convaincre ses camarades du groupe de travail, auquel cas elle doit intensifier ses efforts !

 

Selon ses plus récentes déclarations, Madame Brunel tiendrait bon dans ses positions… 

 

http://www.rue89.com/rue69/2010/10/25/chantal-brunel-il-faut-proteger-les-prostituees-173139?page=0#comment-1880004  

 

En revanche, elle perd un point quand elle reprend à son compte l’objectif « utopiste » du Mouvement du Nid : l’éradication de la prostitution. Acceptable uniquement s’il est associé à l’objectif encore plus utopiste d’autorégulation sexuelle universelle, synonyme de fin de la misère sexuelle (et encore, l’éradication de la prostitution en constituerait une éventuelle conséquence collatérale, et en aucune façon ne saurait être qualifiée d’objectif).

 

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 3/20 : Roselyne Bachelot : de grosses difficultés d’analyse

 

 La Ministre de la Santé témoigne de graves difficultés de compréhension. Son attitude consiste d’abord à condamner l’assistance sexuelle en la qualifiant de « prostitution ». Et alors, c’est mal, la prostitution ? Elle n’est pas (encore) interdite en France ? Ensuite, la misère sexuelle, est-ce un sujet dont elle se préoccupe, Roselyne Bachelot ? Sa condamnation de l’excellent projet du député Chossy témoigne de son étroitesse de vue et de relents moraux un peu dégoûtants et complètement arriérés.

 

http://www.elle.fr/elle/Societe/News/Roselyne-Bachelot-assimile-l-assistance-sexuelle-a-de-la-prostitution/(gid)/1463858

 

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2/20 : Danielle Bousquet et Christophe Caresche : Mauvais élèves, éléments perturbateurs

 

Les propos de Danielle Bousquet sont édifiants. Prônant avec son complice Christophe Caresche la pénalisation du client de la prostituée, elle souhaite donc ajouter de la misère (financière, sociale, morale) à la misère sexuelle.

 

On doit également à Danielle Bousquet cette phrase d’anthologie : « A chaque fois qu’un homme va voir une prostituée, il doit bien avoir à l’esprit qu’il est coupable. » Coupable ? Coupable d’être normalement constitué et d’avoir des besoins sexuels que la société ne lui permet pas d’exprimer ?

 

Son analyse de base consiste à penser que la prostitution est une violence ultime faite aux femmes. Elle utilise ainsi un procédé rhétorique abject : le travail, de façon générale, peut être violent, voire très violent dans certaines professions. Ce n’est pas la violence dans le travail que Danielle Bousquet condamne en fait, c’est l’utilisation par la femme de son sexe dans le cadre de son travail. Son raisonnement est donc purement idéologique, et basé sur des préceptes archaïques, hérités d’une morale religieuse dépassée, établie à une époque où les impératifs économiques d’organisation de la succession des terres avaient le champ libre face aux connaissances scientifiques inexistantes. Tout est donc à reprendre pour les deux députés socialistes. A terme, c’est une exclusion qu’il faudrait envisager à leur égard, plutôt que de leur confier la tête d’une nouvelle mission visant à pénaliser les clients des prostitués.

 

http://www.elle.fr/elle/Societe/La-parole-aux-femmes/Rendez-vous-avec/Danielle-Bousquet-La-maison-close-n-est-pas-une-reponse-digne-a-la-prostitution/(gid)/1137057

 

 

 

 

 

 

 

Par GRAL
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